Recueillir la parole des victimes et des acteurs
Dans le cadre de ses activités de sensibilisation, l’IFJD va à la rencontre des victimes et des acteurs de processus de Justice transitionnelle pour recueillir leur parole. Il s’agit de témoignages enregistrés en France ou à l’étranger – en ligne ou en direct – sur les thématiques abordées par l’Institut au sein de ses trois piliers d’activités : Penser – Former – Agir. Donner la parole à ces personnes qui ont lutté contre l’impunité et l’injustice tout au long de leur vie fait écho à nos valeurs et à nos convictions.
À la suite des grèves des mineurs de charbon, qui eurent lieu en 1948, et face aux lourdes sanctions infligées aux grévistes, des demandes de réhabilitation et de réparations virent le jour. Longtemps limitées à la sphère politique et syndicale, une décision de la Cour d’appel de Versailles en 2011, a reconnu le préjudice subi et la violation des droits. Cette décision fut finalement cassée par la Cour de cassation en 2012. L’impact de cette première condamnation de l’État fut tel qu’en 2014 – à l’initiative de la Ministre de la Justice, Christiane Taubira – fut inséré dans la loi de finances un article qui, « reconnaissant les atteintes aux droits fondamentaux des grévistes » et notamment le caractère abusif de leur licenciement, a mis en place un système de réparations matérielles et symboliques : une indemnisation forfaitaire de 30 000 € par mineur et de 5 000 € pour chaque enfant de ces mineurs, la réintégration dans les grades et distinctions militaires et la modification des programmes scolaires pour intégrer l’enseignement des grèves. Sa portée a été finalement étendue par la nouvelle décision du Conseil constitutionnel. Le vendredi 18 septembre 2020, le Conseil constitutionnel français – saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité – a donné raison aux descendants de mineurs abusivement licenciés durant les grèves de 1948 et 1952. Il a estimé que les distinctions opérées pour le régime d’indemnisation portaient atteinte au principe d’égalité, ouvrant la voie – plus de soixante-dix ans après les faits – à l’indemnisation, par l’État français, de leurs descendants.
Au Royaume-Uni alors même que la grève des mineurs de 1984 – et la fermeture de la quasi-totalité des mines depuis cette période – semblait avoir été reléguée dans l’histoire, des voix se sont faire entendre pour demande à « revenir » sur cette période et faire la lumière sur certaines pratiques. Cependant, ces demandes n’obtiennent que peu d’écho auprès des autorités britanniques, mais en juin 2018, en Écosse, une commission indépendante pour analyser « l’impact des opérations de police sur les communautés touchées en Écosse pendant la période de grève des mineurs de mars 1984 à mars 1985 » a été créée sous la présidence de l’avocat John Scott QC. En 2020, la commission a remis son rapport définitif. C’est sur la base du texte de ce rapport que le projet de loi sur le pardon des grévistes mineurs a été adopté par le gouvernement écossais en juin 2022.
À l’heure où la Centrafrique est de nouveau le théâtre d’affrontements armés, l’Institut vous propose des témoignages recueillis en Centrafrique en novembre 2015, lors d’une mission réalisée avec l’Observatoire Pharos. Récits de violence, marqués par un fort sentiment d’impunité, ils sont le reflet d’une profonde soif de Justice. Ces témoignages demeurent d’actualité et sont le moteur des activités de l’Institut dans ce pays.