Le 9 décembre 1948, l’Assemblée générale des Nations unies approuvait à l’unanimité la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Défini par la Convention comme une série d’actes, notamment le meurtre collectif, « commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux », le concept de génocide fait particulièrement écho aux crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Malgré l’existence de cette convention et l’adhésion de nombreux états, la deuxième moitié du XXème siècle a connu de nouveaux génocides. Le génocide des Tutsis au Rwanda, le génocide des Bosniaques à Srebrenica et le génocide commis par les Khmers rouges ont donné lieu à l’établissement de juridictions pénales ad hoc ou internationalisés et à la production d’une riche jurisprudence en la matière. Perçu comme le crime des crimes, au fil des années, le génocide a été au coeur de nombreuses affaires, devant des juridictions tant internationales que nationales, ainsi que des Commissions vérité et réconciliation. En 1998, le Statut de Rome établissant la Cour pénale internationale a reproduit, dans son article 6, une définition identique du crime, caractérisée par un élément matériel, d’une part,et un élément moral, d’autre part, à savoir l’intention de destruction du groupe. La notion de groupe est elle-même réduite aux seuls groupes national, ethnique, racial et religieux.
Vu les événements des dernières décennies, ainsi que les conditions réduisant son champ d’application, le concept de génocide, tel qu’établi par la Convention de 48, soulève aujourd’hui interrogations et critiques. La hiérarchie qui semble s’être instaurée entre les crimes internationaux les plus graves, ainsi que la concurrence mémorielle qu’elle génère, suscite également des interrogations sur son bien-fondé.
Le séminaire organisé par l’IFJD a ainsi pour ambition d’analyser ces questions et de contribuer aux réflexions sur le concept de génocide. Il s’agira d’observer comment ce concept originellement conçu par Raphael Lemkin pour pallier un vide juridique et répondre à une nécessité pressante de l’après-guerre peut aujourd’hui apparaître un obstacle, occidentalo-centré et parfois insurmontable, pour la reconnaissance de « nouvelles » formes de génocide. Au fil des séances, sera ainsi construite une réflexion critique et transversale, questionnant la pertinence actuelle et l’avenir de la convention de 1948.
Séance 1 : Mardi 19 octobre à 18h – La genèse d’un concept
Séance 2 : Jeudi 18 novembre à 18h – Quelle définition pour le génocide ?
Séance 3 : Jeudi 2 décembre à 18h – Les formes modernes du génocide
Séance 4 : Jeudi 20 janvier à 18h – La banalité du mal
Séance 5 : Jeudi 10 mars à 18h – Les complices du génocide
Séance 6 : Jeudi 7 avril à 19h00 – La deconstruction du concept
Séance conclusive : Jeudi 19 mai à 18h – L’avenir de la Convention de 48