Mémoire et Justice transitionnelle

À l’heure de la commémoration de la Seconde guerre mondiale, le thème de la mémoire connaît un regain d’intérêt et concentre l’attention des sciences sociales. Cette Université d’été se propose d’aborder un thème novateur et relativement méconnu : celui de la mémoire dans le cadre de la Justice transitionnelle. Il s’agit en résumé d’analyser et d’étudier comment la justice dans les situations post-conflictuelles peut contribuer, par les diverses formes qu’elle prend, aux différents mécanismes de représentation de la mémoire. Les conflits en ex-Yougoslavie ou au Rwanda, le génocide au Cambodge à la fin des années soixante-dix ou plus près de nous les crimes commis en République démocratique du Congo en constituent des exemples connus.

Une volonté délibérée d'associer les différentes sciences sociales

Le choix de la mémoire, comme thème central de réflexion sur l’impact de la Justice transitionnelle, répond à une volonté délibérée d’associer les différentes sciences sociales qui gravitent autour de cette nouvelle approche de la justice, qu’il s’agisse de l’histoire, de la psychologie sociale, du droit, de l’anthropologie, de la sociologie, pour ne citer que les plus connues. La diversité des approches mais également leur richesse individuelle et collective devraient intéresser un public diversifié et soucieux de déborder une approche purement monolithique des deux notions de justice et de mémoire.

L'apport de la Justice transitionnelle en terme de mémoire

L’idée directrice de la réflexion consiste à s’interroger sur l’apport que la Justice transitionnelle peut produire en termes de mémoire. La différence fondamentale sur laquelle s’appuie la Justice transitionnelle repose sur les témoignages des acteurs qui permettent de reconstituer l’histoire. La logique des témoignages des victimes mais également des bourreaux permet de comprendre la dynamique des conflits et d’essayer d’apporter des réponses à des questions qui n’en ont pas encore reçu, qu’il s’agisse de découvrir le sort de personnes disparues, de permettre à des victimes de torture de faire face à leurs bourreaux pour les confronter à leurs actes ou plus simplement de comprendre l’étendue de l’entreprise criminelle mise en place par les autorités ou les groupes organisés. Cette information brute, fondée sur le rassemblement d’« histoires individuelles », constitue le matériau indispensable à la construction de la mémoire.

L’Université d’été se propose ainsi d’engager une réflexion sur la construction de la mémoire à partir de ces histoires recueillies dans le cadre des différentes expériences de Justice transitionnelle. Elle s’interroge notamment sur la façon dont le processus lui-même de Justice transitionnelle conçoit la construction de la mémoire et sa représentation pour les générations futures, que ce soit à travers les analyses scientifiques ou la muséologie, l’art ou l’éducation.

juillet
2015
Du 06/07/2015 09:00 au 12/07/2015 20:00
30

Participants

Université d'été